Tag Archives: la vie spirituelle

“Je suis aimé” (I am loved)

Le suivant essai vient de mon petit témoignage pendant la Retraite Cathédrale, 19 avril 2015.

[A note to English speaking readers: Today’s post recalls a life-changing experience of mine in 1993, when I was profoundly touched by the love and grace of God during a seminar on breaking the bonds of shame. The foundation for my self-image was radically altered, and my reflection on my experience has become the theological cornerstone for my teaching and preaching ever since. The text is in French, because I shared this brief testimony with the spiritual pilgrims at the annual Cathedral Retreat, conducted in collaboration with the Chemin Neuf Community in Chartres, France, on April 19, 2015.] Headline

Un moment est arrivé dans ma vie où j’étais très découragé. J’avais bien servi comme pasteur.
J’avais obtenu un doctorat. J’avais une belle femme et deux beaux enfants. Mais après la soutenance de ma thèse doctorale, je n’ai pas pu trouver d’emploi. Pas dans l’église. Pas à l’Université. Pas dans un séminaire. Alors ma famille et moi nous nous sommes déplacés de Chicago à Minneapolis, près de la famille de Jill. Nous avons considéré qu’il était indifférent d’être au chômage à Minneapolis ou à Chicago.
J’étais une personne brisée. Sans emploi, vivant près de la famille de Jill, dans laquelle depuis plusieurs générations les affaires avaient réussi et je me suis vu tout petit et sans importance. Je me suis vu dans une situation d’échec. Pire, chaque jour je pensais à tous les péchés commis et mon cœur était plein de honte. Je veux dire que j’ai pensé que je n’avais pas seulement fait de mauvaises choses, comme il arrive à tout le monde, c’est le sentiment universel de la culpabilité personnelle. Non, j’ai aussi éprouvé le sentiment que j’étais, en moi-même, mauvais.

Qu’est-ce-que j’aurais dû faire ? Qu’est-ce-que je pourrais faire ?

Par la grâce de Dieu, j’ai pu participé à un séminaire sur le sentiment de honte de soi. Ainsi j’ai appris que si la honte est enracinée dans notre cœur, elle est toxique. Elle est le terrain favorable pour les mauvaises herbes. Par exemple des attitudes négatives, des péchés très visibles ou des choix destructeurs, qui apparaissent à l’évidence devant les autres personnes. Mais en même temps la honte peut produire un autre fruit bien différent, qui naît de cette honte toxique. Parfois la même personne qui se croit mauvaise, voire malfaisante, peut produire de belles choses. Elle peut accomplir de grandes choses. Peut-être a-t-elle un poste de hautes responsabilités. Ou bien elle exerce des actes de service par sa contribution à diverses actions caritatives. Cette personne met tout en œuvre pour se prouver à elle-même ou aux autres qu’elle est réellement une bonne personne. Il est impossible de se tromper sur ce point.

Après avoir entendu cet enseignement, mon cœur en fut transpercé. J’avais accompli beaucoup de choses en obtenant des diplômes universitaires, j’avais occupé des postes de responsabilité comme pasteur, par exemple, en essayant de laisser mon empreinte sur les autres. A ce moment–là de ma vie, je ne pouvais pas penser à ce que j’avais accompli. La seule chose à laquelle je pensais était : mes fautes, mes péchés, mes échecs.

A ce moment-là je me suis rendu compte que je ne pourrais jamais trouver la paix par mes seuls efforts. Il n’y a qu’une solution à la honte toxique, qu’un seul espoir. Au lieu de mettre ma confiance en moi, je dois la mettre en Dieu.

Nous sommes aimés par le Créateur parce que nous sommes ses créatures, ses enfants. Il voit toutes nos limites et toutes nos fautes, mais il continue à nous aimer. Il peut nous accepter et nous pardonner parce que nous lui appartenons et parce que son Fils, Jésus-Christ, est mort pour effacer nos péchés. Je me suis rappelé les mots de l’apôtre Paul qui a parlé de l’amour magnifique de Dieu : « Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. (Romains 5, 8)

A ce moment extraordinaire, je me suis trouvé libéré. D’un seul coup je me suis rendu compte que je pouvais vivre, je pouvais expérimenter la paix et la joie, je pouvais garder la tête haute, je pouvais me reposer dans la présence de Dieu parce que mon identité est affermie en lui et non en moi. Son amour m’a donné ce que je ne peux jamais obtenir par mes seuls efforts et par mes seules actions.

Des années plus tard quelqu’un qui m’a bien connu m’a demandé : « Qui es-tu ? » J’ai hésité un instant, étonné par cette question inattendue. Puis j’ai trouvé la réponse : « Qui suis-je ? … Je suis aimé. »

Photo ©Jill K H Geoffrion, Ph.D., www.jillgeoffrion.comMerci à Jill Geoffrion pour les photos au-dessus: 1) La guérison de l’aveugle (The healing of the blind man, Chartres Cathedral, France) 2) An arc-en-ciel capturé à Bora Bora, Polynésie (Rainbow captured, Bora Bora, French Polynesia)

3 Comments

Filed under Essays in French, Spirit-Led Living/Spiritual Growth